Comment vendre une démarche iso 9001 en interne ?

Lorsqu’une entreprise a le souhait de se lancer dans une démarche d’amélioration de la qualité et notamment de certification iso 9001, il est préférable de se poser quelques questions au préalable.
En effet, qui a pris la décision ? Est-ce le Directeur de la qualité qui a convaincu le dirigeant ? est-ce une décision unilatérale du dirigeant ? Est-ce que les collaborateurs sont au courant ? etc… La genèse de l’histoire, le processus qui a mené à une telle décision impacte naturellement le déroulement des opérations et donc le succès final.
Décider de se lancer dans une démarche d’amélioration de la qualité est une étape importante dans la vie d’une entreprise et pour se faire, toute l’entreprise doit adhérer au projet. Chacun ou presque sera concerné par la démarche, les actions à entreprendre, directement  ou indirectement et par le résultat final, la certification iso 9001. Il est donc normal qu’une communication claire et efficace soit faite sur le contour du projet,  ses objectifs et les gains attendus pour tous. La politique qualité doit être comprise par toute l’entreprise. La norme iso 9001:2008 fait référence à plusieurs reprises à ces actions de communication qu'il faut mettre en place.
Il faut convaincre, vendre l’idée plutôt que de l’imposer. Tout le monde doit comprendre que la satisfaction du client et des contraintes légales est fondamental, tout comme le fait de bien mesurer le rôle et l’impact de chacun dans la réalisation des objectifs. Rien de tel que des messages réguliers et simples pour être efficaces. Un projet bien vendu en amont sera un facteur clé de succès.

Des relais internes

Faire de la qualité, c’est d’abord en faire en interne grâce au système de management de la qualité. C’est partager avec les divers responsables qui seront les relais auprès des différents services. Ils auront un rôle d’information et de sensibilisation. Ils s’assureront que les messages sont non seulement transmis mais compris.  En effet, l’information ascendante sera aussi un élément clé du système avec les retours directs des collaborateurs à leur hiérarchie.
Autorités dans le fonctionnement de l’entreprise au quotidien, ils sauront en principe trouver les leviers pour faire adhérer et motiver leurs équipes. Obtenir une certification est un travail collectif, c’est le fruit du travail des équipes, c’est pourquoi elles doivent toutes avancer dans le même sens. Les managers seront là aussi pour épauler les équipes dans la mise en place du processus et dans les nouvelles organisations et fonctionnements ainsi décidés.

Des outils de communication

Faire de la qualité, c’est communiquer. Il faut utiliser les outils de communication existants dans l’entreprise ou en créer de spécifiques pour donner régulièrement des informations sur l’avancement de la démarche, sur les problématiques rencontrées, sur les indicateurs mis en place, sur les dates d’audit à blanc, etc… Pourquoi ne pas créer une rubrique spécifique dans le journal interne, ou créer un panneau d’affichage dans les locaux, ou mettre en place un blog dédié…
Une démarche qualité ne se créant pas en un jour, il est important de la faire vivre auprès des collaborateurs au fur et à mesure, pour les tenir informés mais aussi pour continuer de les motiver. Il faut mettre en valeur les efforts, les résultats positifs.

En conclusion, entreprendre une démarche qualité est une excellente raison de communiquer au sein d’une entreprise. Ce quelle que soit sa taille. Car rappelons que même à 10 personnes, la communication peut être inexistante entre les individus… Donc communiquez pour emporter tout le monde dans la voie de l'amélioration de la qualité.

Définir les indicateurs qualité

Faire de la qualité c’est bien, mais la mesurer c’est mieux. En effet, comment être sur que les actions que l’on met en place sont de qualité, remplissent les objectifs fixés. Pour cela il faut mesurer, analyser de manière objective afin de déterminer ensuite, le cas échéant, les actions d’amélioration. La mesure de la qualité est donc au cœur d’une démarche qualité. Elle permet de motiver les différents acteurs, de suivre l’efficacité des actions menées et de mesurer les gains obtenus.
Les indicateurs qualité sont utilisables partout et par tous dans l'entreprise, quel que soit le secteur d'activité, le service et le niveau hiérarchique, puisqu'ils sont définis "sur mesure".
Pour mesurer la qualité, il faut au préalable définir des indicateurs qui seront faciles à suivre et à exploiter. Il faut des indicateurs sur les points essentiels à surveiller, qui pourront évoluer en fonction des problématiques, des besoins, des priorités… Un point important réside dans le fait qu’ils doivent être compris et acceptés de tous, pour qu’il n’y ait aucune contestation possible.

Types d’indicateurs
Selon l’Afnor, "un indicateur est un événement, un fait observable, mesurable et déterminé par un calcul qui identifie de façon qualitative ou quantitative une amélioration ou dégradation du comportement du procédé, processus soumis à examen. C’est un instrument de mesure".

Certains indicateurs peuvent être permanents mais ils peuvent aussi être provisoires. Surveiller un processus qui fonctionne mal un temps donné puis supprimer l’indicateur une fois que tout est résolu, par exemple.
Certains indicateurs peuvent être aussi bien détaillés que globaux, il n’est pas forcément utile d’avoir des indicateurs ultra précis dans tous les cas. Une fois de plus, il faut que les indicateurs soient facilement exploitables et ne soient pas eux-mêmes un repoussoir aux actions d’amélioration de la qualité.
Les indicateurs peuvent être chiffrés bien sûr mais pas nécessairement. Prendre comme indicateur une liste de prises de réclamations ou d’incidents en les analysant sur le fond, par exemple.

On distingue les indicateurs de résultats et les indicateurs de processus.
Indicateurs de résultats
Ils se réfèrent à la qualité du produit et ou de la prestation. Ce type d'indicateur indique une valeur à un moment donné et reflète la réalité. Il se lit dans la durée. On peut aussi l’appeler indicateur de surveillance.
Indicateurs de processus
C'est une mesure qui donne l'ensemble des activités à mettre en oeuvre pour atteindre un objectif déterminé, sur une période déterminée. Elle Indique le respect des processus existants. On peut parler aussi d’indicateurs d’amélioration.

Exemples d’indicateurs
Pour un service livraison 
Erreur d’adresse
Pannes de véhicule
Délai de livraison
Pour un service commercial
Taux de nouveaux clients
Taux de transformation prospect/client
Nombre de réclamations

Les indicateurs ne doivent pas servir à sanctionner ou effectuer des classements. Ils doivent être pris comme leur nom l’indique comme des avertisseurs, permettant d’être alertés. Ils doivent être pris avec prudence, comme toute statistique. Il faut les remettre dans leur contexte, les analyser avec du recul et  savoir les faire parler pour lire entre les lignes et poser le bon diagnostic.
 
Des outils de motivation
Les indicateurs doivent être considérés comme des outils de motivation et d’amélioration. Il faut sensibiliser les collaborateurs à leur importance tout en leur expliquant les objectifs et tout l’intérêt d’une telle démarche. Il faut veiller à ne pas communiquer que des indicateurs négatifs mais donner également des informations positives avec des indicateurs positifs et encourageants. Puisque rappelons que toute démarche qualité doit entrainer pour sa réussite l'adhésion et l'implication des collaborateurs.

Enfin, l’essentiel résidera bien sûr dans la définition et la mise en place d’actions correctives une fois les indicateurs analysés. Car il ne sert à rien de mesurer si rien n’est fait ensuite, si aucune décision n’est prise ou action d’amélioration entreprise. A moins bien sûr, que tous les indicateurs soient au vert et que tout soit parfait. Quelque chose me dit que cela ne doit pas être si fréquent… dommage !

Les étapes d'élaboration d'une norme française

Initiées par les acteurs économiques concernés, les normes sont élaborées par consensus entre tous ceux qui sont susceptibles d'être concernés par leur application. Soumises à l’approbation du public avant d’être homologuées, elles sont ensuite analysées régulièrement afin de s’assurer qu’elles sont toujours cohérentes par rapport à leurs objectifs initiaux.
Voici un récapitulatif des principales étapes menant à l'élaboration d'une norme en France.

1 – Le lancement
Tout acteur socio-économique français peut proposer le lancement de nouveaux travaux de normalisation soit auprès d’AFNOR soit auprès d’un bureau de normalisation sectoriel.
2 – L'évaluation d'opportunité
 L’AFNOR ou le bureau de normalisation sectoriel évalue l’opportunité de lancer les travaux, puis soit ils sont inscrits dans une commission de normalisation existante soit un nouveau domaine d’activité de normalisation est créé.
3 – Programme de travail
La nouvelle étude est inscrite au programme français de normalisation. Les dates cibles de l’enquête publique et de la publication sont établies.
4 – Document de travail
La commission de normalisation, ou un groupe de travail, rédige un document de travail à partir d’éléments fournis par les différents partenaires sur le sujet. Il peut s’agir aussi de la reprise d’un document existant comme une spécification professionnelle ou une norme étrangère…
5 – Consultation formelle
Le  secrétaire de la commission de normalisation consulte la commission pour s’assurer du consensus des membres.
6 – Enquête publique
L’enquête publique concerne les documents de travail destinés à devenir des normes. Elle est destinée à contrôler la conformité du document de travail à l'intérêt général et à vérifier qu'il ne soulève aucune objection de nature à en empêcher l'adoption.
Le dépouillement de l’enquête publique suit des règles très précises et fait l’objet d’un document de dépouillement avec les suites données à chaque commentaire exprimé. La mise au point définitive du document est effectuée après obtention d’un accord final.

7 – Homologation et publication

L’homologation n’est prononcée par AFNOR que pour les documents ayant statut de norme. Plusieurs préfixes existent :
- NF ISO : norme internationale reprise en France
- NF EN ISO : norme française d’origine internationale reprise en Europe et en France
- NF EN : norme française d’origine européenne ou  NF  (norme purement française).

La publication des normes est effectuée par AFNOR.

8 – Mise à jour

L’AFNOR doit assurer en permanence la cohérence, la pertinence et la mise à jour des documents français de normalisation. Les mises à jour peuvent être rendues nécessaires suite à des évolutions du marché et de la technique, de la réglementation ou des difficultés d’application signalées à la commission de normalisation.

cliquer ici pour voir une animation sympa réalisée par Afnor

Enquête internationale sur la norme ISO 9001

L’ISO a mené une grande enquête internationale sur la norme ISO 9001 afin de mesurer les besoins et les attentes des utilisateurs, en vue de la révision de la norme prévue pour 2015. Près de 12000 utilisateurs de 122 pays ont participé à l’enquête qui a démontré que les démarches qualité dans le monde sont toujours au cœur des enjeux et plus que jamais d’actualité.
Parmi les entreprises qui ont répondu, il faut noter la représentation importante des services (43%) et de l’industrie (31%) et la contribution à hauteur d’1/4 de non certifiés ISO 9001.Trois pays ont majoritairement participé : les États-Unis, l’Allemagne et la France.
La principale motivation des entreprises pour se lancer dans une démarche de certification ISO 9001 est la satisfaction clients.  Suivent la réponse aux besoins du marché ou à une demande explicite de certification de la part des clients.

L’ISO 9001 est un véritable outil au service des  entreprises qui leur a permis :
- de standardiser les process métiers,
- de faire évoluer les pratiques managériales
- et de mettre en place des outils efficaces de pilotage de l’activité.

95 % des répondants estiment que l’avenir de la norme ISO 9001 est évident, 64 % d’entre eux souhaitent la voir évoluer mais sans changement majeur pour autant. Ils souhaitent que de nouveaux concepts soient pris en compte comme la gestion des ressources, l’amélioration continue, la gestion des processus et indicateurs clés de performance, la gestion des connaissances, le management des risques… Une attention particulière doit être portée sur sa bonne application également.
télécharger résultat enquête

A lire également
Une nouvelle approche de la certification ISO 9001
Manuel qualité et management de la qualité

Les normes iso et les petites entreprises

L'ISO vient de publier une brochure dans laquelle 10 dirigeants de petites entreprises de 10 pays différents témoignent de l'intérêt des normes ISO et en quoi elles ont contribué à leur réussite. La brochure s'intitule très simplement  "10 bonnes choses pour les PME".

Le patron canadien par exemple explique qu'il a obtenu de nombreux certificats de conformité à des normes techniques et a obtenu la certification iso 9001 sur les systèmes de management de la qualité.
Le patron suédois, de son côté, indique qu'avec la mondialisation, toute entreprise désireuse de réussir sur les marchés d’exportation ne peut se passer des normes ISO.
En effet, c'est le meilleur moyen d'avoir des référentiels communs entre pays et de pouvoir ainsi concevoir ses produits ou services en conséquence.

Nous avons déjà eu l'occasion de le rappeler ici, les normes iso ne sont pas l'apanage des grandes entreprises contrairement à ce beaucoup de personnes pensent. Elles aident les PME à se mesurer aux grandes entreprises sur la scène mondiale, à optimiser les processus, à accroitre la confiance des prospects ou des clients...

1. Les normes vous aident à concurrencer les grandes entreprises sur un pied d'égalité
2. Les normes ouvrent les marchés d'exportation pour vos produits et services
3. Les normes vous initient aux meilleures pratiques
4. Les normes renforcent l'efficacité de vos activités
5. Les normes renforcent votre crédibilité et la confiance des clients
6. Les normes ouvrent de nouvelles possibilités d’affaires et de ventes
7. Les normes vous confèrent un avantage concurrentiel
8. Les normes vous donnent une image de marque internationale
9. Les normes aident votre entreprise à se développer
10. Les normes permettent d’utiliser un «langage» commun dans un secteur industriel


A lire également
Les normes iso : pour quoi et comment
Qu'est-ce qu'une norme iso ?

Le document unique, outil de management

Toute entreprise, quels que soient sa taille et son secteur d’activité, doit mesurer les risques liés aux conditions générales de travail de ses employés. Les risques professionnels peuvent entrainer sur les salariés des problèmes de santé, de maladie ou d’accident. L’employeur doit réduire ou supprimer ces risques afin d’assurer la sécurité de ses salariés et de protéger leur santé mentale et physique. Il doit donc prendre les mesures adéquates de prévention après avoir évalué les risques professionnels et indiqué les résultats dans un document intitulé « document unique ». Il doit également informer et former son personnel.

Le document unique doit comporter un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail et doit faire l’objet d’une mise à jour annuelle au minimum et à chaque événement pouvant avoir des conséquences sur les conditions de travail.
Le document unique est mis à la disposition bien sur de tout le personnel, du CHSCT, du médecin du travail, de l’inspection du travail et de tous les organismes professionnels de santé, sécurité et conditions de travail…
Il n’y a aucun formalisme à respecter pour l’élaboration du document unique, néanmoins, il doit répondre à trois exigences :
  • la cohérence des divers données issues de l’analyse des risques professionnels auxquels sont exposés les salariés,
  • la lisibilité. Le document unique doit faciliter le suivi de la démarche de prévention dans l’entreprise puisque tous les résultats de l’analyse sont dans un seul et même document,
  • la traçabilité de l’évaluation des risques, garantie par un report systématique de ses résultats.

L’évaluation des risques consiste à appréhender les dangers pour la santé et la sécurité des travailleurs dans tous les aspects liés à l’activité de l’entreprise. C’est un travail d’analyse des cas d’exposition des salariés à :
  • des dangers (repérage d’un équipement, d’une substance, d’une méthode de travail susceptible de causer un dommage pour la santé…) ;
  • des facteurs de risques (conditions de travail, contraintes subies, marges de manœuvre dont disposent les salariés dans l’exercice de leur activité).
Les résultats de cette évaluation sont obligatoirement consignés dans le document unique et donnent lieu, si nécessaire, à la mise en œuvre d’actions de prévention.

Les principes de prévention quant à eux consistent notamment à planifier la prévention en y intégrant :
  • la technique,
  • l’organisation du travail,
  • les conditions de travail,
  • les relations sociales,
  • l’influence des facteurs ambiants.
La prévention doit également porter sur les agissements de harcèlement moral ou sexuel, aspects devenus de plus en plus importants depuis deux ou trois ans ; particulièrement dans les grandes entreprises françaises où on a pu assister à de véritables catastrophes humaines…

Le document unique doit également contribuer à l’élaboration du programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail. Il fixe la liste détaillée des mesures à prendre au cours de l’année à venir en matière de protection des salariés et d’amélioration des conditions de travail (mise en œuvre de formations, changement d’équipement…).

On voit bien que l’organisation de l’entreprise au sens large est nécessairement impactée et que de ce fait le système de management interne également. Qu’il porte sur la qualité, la santé, la sécurité ou sur l’aspect environnemental. Il parait impossible de dissocier les deux pour des raisons évidentes. Prévenir les risques de l’entreprise qui pourraient avoir des conséquences sur les salariés c’est revoir les processus, c’est viser l’amélioration et entraine de ce fait l’implication des salariés pour atteindre ces objectifs. Notamment parce qu’a minima, l’employeur est tenu au devoir d’information de ses salariés et de leur formation aux risques, actions indispensables.
Le document unique, au cœur du dispositif de prévention des risques liés aux conditions de travail des salariés, trouve donc naturellement sa place dans le système de management et peut être considéré comme un véritable outil de management, si son utilisation est optimisée.

Les normes iso : pour quoi et comment en vidéo

Une jolie vidéo pour comprendre à quoi sert une norme iso pour les entreprises, quels types de normes iso existent-ils et comment elles sont conçues.




A lire également :
Qu'est-ce qu'une norme iso ?